Histoire

L’homme et l’époque

 

Matei Vișniec (né le 29 Janvier 1956 à Radauți) est un poète, un reporter et un dramaturge roumain, active à ce moment en France. Il est connu spécialement pour ses poésies et ses pièces de théâtre.

Sa période de vie passée en Roumanie s’est croisée avec la période du communisme qui a eu une grande influence sur lui jusqu’à 31 ans, quand il est parti en France.

Après la Seconde Guerre Mondiale, URSS a construit une zone d’influence à partir des pays situés à son ouest, parmi lesquels la Roumanie aussi. Le Gouvernement instauré le 6 Mars 1945, dirigé par Dr. Petru Groza, a préparé l’instauration de communisme, finalisant ce processus par la falsification des élections de Novembre 1946. L’avènement des communistes a déterminé la disparition de l’idéologie officielle de la Roumanie, la dissolution des partis d’opposition et la condamnation à prison de leurs responsables. Le 30 Décembre 1947, le roi Michel a été obligé d’abdiquer et de quitter le pays en 1948, quand le nouveau régime s’y instaurait.

En Roumanie le communisme a connu les périodes suivantes:

-1948-1964- l’époque de stalinisme et de consolidation du pouvoir communiste.

-1965-1989- le communisme national- régime personnel de Nicolae Ceausescu.

Durant la première période, le pays connaît un régime dictatorial caractérisé par:

  • sur le plan politique, la position constitutionnelle de jure du Parti communiste roumain comme ‘’parti unique et organe dirigeant de l’État’’
  • sur le plan logistique, la présence massive de la police politique dans la société, active par la censure, l’écoute aléatoire et sans aucun contrôle juridique des conversations téléphoniques, l’ouverture du courrier, le quadrillage territorial, institutionnel et professionnel systématique du pays, la pratique courante d’arrestations arbitraires, de tortures en cours d’interrogatoire et d’internement psychiatrique et de déportation des citoyens arrêtés, avec ou sans ‘jugement’’ dans les réseaux de camps de travail forcé de la steppe du Bărăgan ou du Canal le Danube- la Mer Noire
  • sur le plan économique, une stricte planification d’Etat, ne touchant pas seulement les orientations macro-économiques mais aussi le commerce international. Les aspects de la production, de la distribution et de la consommation se font au mépris des ressources disponibles, des possibilités techniques, de l’environnement et des besoins de la population. Cela interdit toute forme d’autogestion et crée des inégalités entre la bureaucratie du Parti et de l’État qui disposait d’un niveau de vie élevé et le reste de la population confronté à une pénurie permanente d’énergie, de denrées, de produits finis et de services
  • sur le plan social, un strict contrôle des activités culturelles, des médias et des droits à l’opinion des citoyens roumains, à l’expression et au déplacement . Les gens devaient être munis des autorisations et visas préalables pour changer d’emploi, de domicile, de résidence à l’intérieur du pays, et encore plus pour voyager hors du pays, surtout dans les pays non-communistes. Ce régime a fait plus de deux millions de victimes, officiellement reconnues par l’Institut national de recherche historique sur les crimes du régime communiste.
  • sur le plan idéologique, ce régime a tourné le dos à l’idéal communiste qu’il assumait: deux dictons populaires de l’époque de la dictature communiste étaient que PCR signifiait « piston, magouilles, relations », et que dans ce régime, toutes les briques de l’édifice sont théoriquement égales, mais pratiquement celles d’en bas doivent supporter le poids de celles d’en haut.

La phase la plus connue à l’étranger de l’histoire du communisme en Roumanie qui a duré 25 ans est le régime des époux Ceausescu, appelé « national-communisme » par l’historienne française Catherine Durandin, en raison de la teinte isolationniste connue pendant cette présidence, dont les manifestations: exacerbation du culte de la personnalité, la destruction du patrimoine et de l’environnement au nom de la « systématisation du territoire ».

Outre les traumatismes psychologiques et sociaux, les conséquences de cette dictature prolongée sont également économiques. Alors que le régime essayait de contrôler toute la terre arable et d’industrialiser le pays à outrance, le processus de modernisation s’est longtemps embourbé dans beaucoup de régions rurales. A la fin des années 1980, les paysans ont fait de la résistance, parfois armée, à la collectivisation, adoptant des techniques d’agriculture traditionnelle et locale certes archaïques, sans motorisation, mais qui leur permettaient d’échapper aux famines. Même de nos jours, plus de vingt ans après la fin de la dictature, les paysans ont du mal à renoncer à leur terre pour faire des exploitations plus intensives.

Suite aux accords de V. Staline et W. Churchill à Moscou (en automne 1944), la Roumanie est tombée dans la sphère d’influence soviétique. Les communistes ont graduellement augmenté leurs rangs dans le gouvernement, avec l’appui soviétique. La nationalisation de style soviétique et la collectivisation ont suivi la relève communiste. Les entreprises industrielles, les mines, les banques et les transports sont obligés de respecter une économie planifiée. En 1951, un plan de cinq années a été présenté pour développer l’industrie et l’agriculture. Pendant les années 1960, sous la direction de Gheorghiu-Dej et son successeur, Nicolae Ceausescu, le Parti communiste de Roumanie a commencé à mettre en œuvre une politique étrangère, indépendante des intérêts soviétiques. Pendant les années 1970, Ceausescu a essayé de moderniser l’économie roumaine, en investissant des sommes d’argent énormes, empruntées aux établissements de crédit Occidentaux. En raison de ses projets de développement grandioses, les Roumains ont été soumis à un programme d’austérité rigoureux dans les années, 1980 puisque Ceausescu a voulu régler la dette étrangère accumulée du pays dans une courte période. Le niveau de vie a considérablement chuté, étant donné que la Roumanie a exporté beaucoup de sa production alimentaire et de sa production de carburant. La population était contrôlée par la police secrète et le gouvernement, dominée par la famille de Ceausescu qui a gaspillé des sommes importantes de la richesse nationale pour des constructions mégalomaniaques. Pendant presque 25 ans, le régime de Ceausescu a lentement traîné les Roumains dans une impasse économique, sociale et morale. Le mensonge a dominé toutes ces années, la corruption, la terreur, la violation des droits de l’homme et l’isolement du monde Occidental. Quand des régimes communistes de l’Europe de l’Est sont tombés en 1989, Ceausescu a résisté à la tendance et a réévalué sa politique impopulaire. Cela a augmenté le mécontentement populaire et a déclenché le renversement imminent du régime dictatorial en décembre 1989.

 

 

La dissidence

 

Les spécificités  du régime communiste: la censure et  l’idéologie officielle ont fait de Matei Vișniec, un esprit libre, un humaniste et un dissident.

La dissidence a été favorisée principalement par le monopole idéologique, ce qui représente une approche obligatoire du régime totalitaire. Ce système est mis en pratique par  la censure, la propagande intense, le contrôle sur l’enseignement, la dénaturation de l’histoire, la diminution de l’importance des sciences sociales, l’introduction du culte du chef et l’implication des catégories socio-professionnelles pour mieux contrôler la société. Cela a déclenchée des formes de résistance comme la lutte armée, les grèves, la dissidence religieuse, la dissidence à l’intérieur du parti, celle intellectuelle dont Matei Vișniec fait partie. Pour arrêter ces mesures qui contreviennent à l’idéologie communiste et aux desidératas de l’Etat, on a assisté à des formes de répression accomplies par la police politique, la milice, les prisons, les camps de concentration, les déportations et les persécutions religieuses: l’interdiction de l’Eglise Unie en 1948 et la fermeture des monastères en 1958. Les principales cibles de la répression étaient: l’intellectualité, l’ancienne élite politique, l’Eglise et les personnes aisées .

Pour Matei Vișniec la censure a été la première cause de la dissidence . Vu  nombreuses interdictions imposées par le communisme, le samizdat est apparu  comme  une forme de combat à la censure. Cela correspond à une autre attitude artistique, celle des dadaïstes, qui ont combattu les horreurs de la guerre par des manifestations d’anti-art. Pour échapper à l’interdiction de publier et aux répressions communistes, les artistes ont diffusé leurs créations sous la forme des feuilles volantes. C’était une forme de proteste, organisée par les intellectuels qui distribuaient directement, de l’un a l’autre, les documents. Le déroulement de ce système clandestin supposait des rencontres discrètes, loin des regards de la milice et les moyens de reproduction des écrits étaient discrets. Parfois les textes étaient presque illisibles. Ceux qui se procuraient des samizdats, les copiaient ou les distribuaient risquaient des punitions sévères, jusqu’à la dégradation sociale, l’asile ou même les camps. Il est tout à fait clair que leur famille et les amis étaient aussi surveillés, poursuivis et menacés. L’esprit libre de Matei Vișniec s’est révolté contre cette pression qui devenait du jour au lendemain insupportable. La seule manifestation du samizdat en Roumaine ait été le magazine « Contrapuncte », publié en neuf numéros.  Son initiateur  Attila Ara-Kovács a suivi le modèle « l’opposition démocratique » de la Hongrie. La publication a été interdite lorsque ses auteurs ont été découverts par la Sécurité.

La génération ‘80

Matei Vișniec fait partie de la génération ’80, connue sous le nom  de postmodernisme ou de la génération en blue-jeans. C’est un concept hybride qui provient de deux termes, l’un anglais: « the litterature of the eighties» et l’autre français, le concept de «génération ».

La plupart des représentants de la génération en blue-jeans sont formés dans des cénacles et ils ont débuté dans des magazines. Pour les intellectuels qui représentent le postmodernisme les principales caractéristiques de leurs œuvres sont: l’esprit critique, l’ironie, la rhétorique, la libération de la fantaisie, l’utilisation d’une langue familière, la promotion des valeurs culturelles et l’adoption d’un esprit ludique quotidien, caractéri retrouvées dans les créations de Matei Vișniec . Ce sont des qualités qui contreviennent aux idéaux du régime communisme et pour les intellectuels roumains la publication de leurs œuvres a été très difficile à cause de la censure, tout comme dans les autres pays communistes. Les postmodernistes ont réuss à échapper à l’utopie communiste de la société parfaite, élogiée dans les journaux, à la télé où dans les documents et les congrès de la propagande communiste.

Matei Vișniec s’engage auprès la génération ’80 avec d’ autres intellectuels roumains et forment un groupe contestataire qui a bouleversé le paysage poétique et littéraire roumain. On observe toutes les caractéristiques de la génération ’80. Même son début littéraire a été spécifique pour cette période, où il était membre du Cénacle de  Lundi, étudiant à l’Université de philosophie à Bucarest. La nouvelle manière de réflexion esthétique et philosophique, que le dramaturge a introduit dans la scène de la littérature roumaine par l’intermédiaire de ses œuvres, a été détestée et interdite par le régime communiste. Dans ce contexte , l’exil  est une nécessité douloureuse qui le pousse à quitter le pays.

 

 

L’exil et les sujets historiques

 

La France, c’est le paradis retrouvé, celui que Matei Visniec connaissait mentalement depuis des années et celui qui lui appartiendra dorénavant. Il affirme se situer entre deux pays et deux langues, tout aussi importants et aimés, La Roumanie et La France, le roumain et le français.

En 1987 il quitte La Roumanie et il demande asile politique en France et en 1993 il obtient la citoyenneté française.

Une bourse d’études de deux ans lui permet de vivre à la Cité Universitaire Internationale de Paris et il rédige une thèse de doctorat sur le thème: ‘’Résistance culturelle en Europe de l’Est sous les régimes communistes’’. C’est dans la même période qu’il approfondit l’étude du français et se munit d’un diplôme de français ‘’Diplôme d’Etudes Approfondies’’.

Dans la thèse de doctorat Matei Visniec fait références au régime communiste en présentant quelques aspects qui le définissent.  L’un des plus importants sujets est celui de la condition de la femme, une histoire démarquée par le rideau de fer, qui présente les enjeux politiquement invisibles de la femme sur le marché du travail, ainsi que et l’attitude des féministes de l’Europe de l’Ouest, la politique familiale, l’économie des pays communistes et les voix de la résistance culturelle.

Il considère que la littérature est un espace de liberté qui dénonce  par la métaphore et par la poésie une société absurde, un pouvoir aberrant, des formes de totalitarisme, l’idéologie unique et le manque de débat, l’utopie, devenue une forme ou chacun était enfermé par le système policier qui contrôlait tout. Il considéré que dans les pays de l’Europe de l’Ouest,  le communisme d’Etat a été une forme d’oppression insupportable. Il avait déjà dénonce cette politique dans ses pièces par la magie du mot, l’allégorie, la métaphore, les connotations du langage poétique.

Une fois arrivé en France, il a réalisé que les grandes sociétés démocratiques, la société de consommation mondialisée, la  manipulation sont encore plus féroces que dans la société communiste.

Encore pire, le mot progrès a été exclu du discours des gens politique. Matei Vișniec considère que les artistes représentent la conscience de la société, la première ligne du combat et de la résistance. Les artistes sont ceux qui travaillent pour la nature même de leur être dans la distance, la lucidité et ils essayent de résister contre toute forme d’uniformisation.

L’auteur traite dans ses œuvres des sujets historiques qui l’ont impressionné ou même affecté, dont l’un présent est le communisme. Ses pièces écrites entre 1977-1987 ont été censurées et ont circulé en secret.

“L’histoire du communisme racontée aux malades mentaux” est le combat le plus éloquent de l’auteur avec le passé qui l’a marqué. Les textes jouent le rôle de sonnette d’alarme par rapport aux utopies et comme rappel des massacres qui ont été effectués pour la construction de cette utopie communiste. La situation proposée est de nature à intriguer: un écrivain est envoyé pour faire de la propagande communiste dans un asile de fous, à la demande de la direction de l’hôpital. C’est ainsi qu’on découvre les ” éléments subversifs” qui existent dans l’hôpital.  L’écrivain réécrit l’histoire du communisme pour que les fous la comprenne,offrant ainsi de vraies leçons d’histoire.

La langue de bois et les stéréotypes offrent un discours de lavage de cerveau bien emballé, une autre thématique récurrente dans les pièces de Matei Vișniec. La pièce attire l’attention sur la double pensée, en moyennant la métaphore de la folie.

Les pièces sont  de projections, de rêves et d’horreurs avec un puissant impact sur le lecteur. Les thématiques sont attirantes et intrigantes, les modalités d’ expressions inépuisables afin d’accrocher le lecteur dans une provocation continue.

‘’L’histoire du communisme pour les malades mentaux’’ est un drame existentiel qui se déroule dans l’époque de Staline et qui met en discussion la relation entre la politique et l’individu, la vérité et le mensonge, le réel et la désillusion. Les personnages sont dans un hôpital de Moscou, des patients, des malades mentaux, des espions, des leaders tandis qu’une nouvelle révolution s’identifie a un piège idéologique. L’explication de cette époque est faite d’une manière simple, accessible aux malades mentaux. La métaphore d’un expériment échoué du meilleur monde, enfermé dans un hôpital psychiatrique , ce qui fait que les malades sont libres et les gens normaux deviennent fous.

‘’La femme comme champ de bataille’’,c’est une pièce qui  présente dans  une tonalité extrême et dramatique la guerre dans l’espace de l’Ex-Yougoslavie. On présente l’expérience des personnages principaux,  deux femmes, une violée et l’autre américaine, psychologue, qui cède devant l’horreur bosniaque. Dora et Kate symbolisent deux mondes qui se rencontrent, l’Est et l’Ouest, des victimes de l’histoire. De cette rencontre naitra un dialogue, une amitié profonde  qui aidera les gens à sortir du cauchemar.

 

Professeure coordinatrice: 

Glaser Antonela Gabriela

Auteurs/élèves:

Rusu Luiza Emanuela

Boboc Andrei Costel

Irimie Loredana