Géographie

Itinéraire géo-politique

 

La Bucovine est une région qui se définit par la passion et l’humanisme de ses habitants, la beauté extraordinaire des paysages et des endroits uniques, la diversité et la complexité  des cultures et des valeurs. Située au Nord de la Roumanie  et au Nord-Est  de la Moldavie c ‘est une région historique qui a une surface de 10.441  km². La Bucovine correspond au département de Suceava, étant la limite historique entre  l’empire austro-hongrois   d ‘ autrefois et  la Moldavie et la limite géographique en est la vallée de Suceava. La plus grande partie du relief de  Bucovine est représentée des montagnes et des collines avec beaucoup de végétation et, grâce à cela, la région est surnommée ‘’le pays d’en haut’’ ou ‘’ le jardin joyeux’’. On y identifie  des altitudes élevées comme celles de Montagnes Rarău (1653) et Giumalău(1857), mais aussi de basses altitudes comme celles d’Obcinele Bucovinei. La région de Bucovine englobe plusieurs villes parmi lesquelles Rădăuți, la ville natale du grand dramaturge Matei Vișniec.

Rădăuți est une municipalité située au Nord-Est du département de Suceava, étant  à 37 km du chef-lieu. La ville fait partie de la région historique de la Bucovine du Sud et se côtoie avec les localités suivantes : la commune Frătăuți (au Nord et Nord-Est), la commune Satu Mare (au l’Est), la ville Milișăuți et la commune Volovăț (au Sud)  et les communes Marginea, Horodnic de Sus et Horodnic de Jos (au l’Ouest). La ville de Radauti est située dans la dépression homonyme qui fait partie du plateau de Suceava, à la limite avec Obcina Mare. Cette zone est riche en eaux souterraines et de surface, le foyer du département étant situé dans la plaine, entre la rivière Suceava et la rivière Sucevita. . Rădăuți est une ville touristique impressionnante par son cachet historique, ethnique et religieux,  l’église Bogdana étant  l’édifice du premier prince moldave Bogdan I, considéré le plus vieux bâtiment de muraille de Moldavie. Le Musée d’art populaire de Bucovine expose des installations techniques paysannes de Bucovine, des tissus traditionnels, des objets du port populaire, des objets en céramiques et des outils ménagers. La région environnante de Rădăuți est également d’intérêt  touristique, dont le plus important est représenté par le monastère de Sucevița , qui fait partie de la série des monastères  renforcés avec des murs de défense. L’Eglise du monastère est un chef- d’œuvre de l’architecture médiévale moldave et contient un ensemble précieux de peintures murales. On dit que tout Roumain a le devoir moral envers sa patrie et Dieu de faire un voyage dans le fascinant royaume de Bucovine où se sont cristallisés les plus impressionnants témoignages de la spiritualité chrétienne roumaine.

Dans le même espace merveilleux, il y a la commune Marginea, centre de poterie, connue particulièrement pour la céramique noire. La poterie a des vieilles traditions et les poitiers,  amoureux d’histoire et de beauté,  gardent avec orgueil et fierté ces traditions anciennes. La poterie noire est basée sur la même argile que la poterie rouge, la différence consiste uniquement dans la technologie de cuisson, laquelle, dans le cas de la poterie noire, est incomplète, inoxydante.  La poterie de Marginea est une marque bien connue dans le monde et elle est unique parmi les céramiques du continent européen.

La région de Radauti est renommée par le  monastère de Putna, haut lieu de la spiritualité roumaine. Bien que ce monastère ne soit pas classé  au patrimoine mondial de l’Unesco, il est reconnu comme un objet patrimonial de grande valeur dans la région de Bucovine. Il a été construit, comme beaucoup de monastères de la région, à la demande d’Etienne le Grand, souverain de Moldavie de 1457 à 1504. Etienne le Grand repose d’ailleurs dans l’enceinte du monastère L’ensemble monastique est composé de deux tours (l’une d’elles est dédiée à Mihai Eminescu), des loges consacrées aux moines et de la maison princière reconstruite dans les années 1980. Enfin, au centre du monastère, se trouve l’Eglise, une construction de style moldave avec de fortes influences byzantines. Détruite à plusieurs reprises, l’église actuelle date du milieu du XVII-ème siècle.. Profondément restauré à des époques successives, le monastère n’a conservé du XV-ème siècle que l’imposante tour du trésor. La beauté et la richesse de ce monastèr,  ainsi que son importante activité culturelle ont fait sa renommée.

Les traces de l’histoire, de la spiritualité, les paysages qui sont beaux à couper le souffle, crée cet univers de Bucovine, “coin de Paradis”. Les gens s’identifient à ce monde et  une fois les racines poussées, on devrait ressentir une douleur aïgue à être déracinée.

La ville natale du dramaturge est une fabuleuse, coupée en deux par une voie ferrée que le dramaturge assimilé à un axe de symétrie du monde.

D’autre part, on peut présenter  Rădăuți comme étant une Suisse en miniature,  parce qu’ici ont vécu ensemble , depuis toujours,  des citoyens de différentes ethnies et religions. Ainsi à Rădăuți il y a eu des  Ukrainiens, des Lhipovenes russes, des Roms, des Allemands, des Polonais, des Juifs, des Turcs qui vivent avec la majorité roumaine, de confession orthodoxe. De nos jours, a été mis en œuvre à Radauti un projet qui est intitulé ‘’La célébration des minorités’’ , dont le but est de valoriser et de promouvoir les opportunités ethniques et confessionnelles existant dans cette municipalité. Matei  Vișniec a grandi dans cette superbe ville. Depuis petit, le futur dramaturge se rend compte que l’école est une nécessite.  Il avait une passion pour la littérature depuis l’enfance, étant influencé par la lecture des auteurs comme Franz Kalfa, Edgar Allan Poe. Les parents de Matei Vișniec disent que leur fils, dès les premières années de la vie, était très bavard et il aimait écrire et dessiner. Ainsi, il a réalisé des dessins graphiques qui sont affichés, une partie dans le Collège Technique Rădăuți et le reste dans la maison parentale. A 17 ans il arrête de dessiner et il opte pour l’art de l’écriture dans une manière sérieuse, parce que jusque-là  il a écrit seulement une poésie , à l’âge de 10 ans. Certains de ses professeurs ont eu un fort impact sur son développement et ils se sont identifiés à  ses premiers modèles. De sa ville natale, il reste avec un souvenir inoubliable : le spectacle de cirque dans le tournoi (à Rădăuți), ce  qui a  probablement éveillé son goût pour la représentation théâtrale.  Matei Vișniec a eu une belle enfance qui l’a inspiré le plus dans ses écrits.

Rădăuți représente un phare, un coin de paradis, c’est la liaison avec la mémoire affective du dramaturge. L’espace qui renferme l’univers tranquille et rassurant c`est la maison parentale, avec ses parents, les siens,  sa chambre d’élève, l’ancienne machine à écrire qui était un support matériel  pour le début de sa  passion.

À la fin du lycée, il déménage à Bucarest pour étudier à la Faculté d’Histoire de l’Université.  L’enfant d’autrefois, devenu adolescent, quitte la maison natale, les parents, les siens, mais il les amene à Bucarest , dans les tréfonds de son âme.  Matei Vișniec commence sa formation universitaire et spirituelle, il a accès aux bibliothèques et puise toutes les formes d’écriture et surtout rencontre les intellectuels de l’époque, dont plusieurs  deviendront ses modèles.  Etudiant à Bucarest, il a eu la chance de devenir membre fondateur du ‘’Cénacle de Lundi’’, en 1986, dirigé par Nicolae Manolescu et aussi membre de l’Union des écrivains à Bucarest. Après avoir fini les études, entre 1980-1987 il pratiquera sa première profession, celle du professeur d’histoire et de géographie dans la commune Dorobanțu -Plătărești du département de Călărași.

Après avoir pratiqué la profession d’enseignant pendant 7 ans, en 1987 on lui offre une bourse littéraire par une fondation littéraire de France (Entraide Intellectuelle Européenne)et  il décide de quitter la Roumanie et de demander asile politique en France, puis s’y installer finalement.

 

                                                     

La communauté  des huttes

 

La famille de Matei Visniec a des racines du côté parental, Ioan Visniec est né à Costileva, la commune Ulma, région du Nord de la Bucovine, à la frontière avec l’Ukraine.  La communauté de hutuli/hutani est un groupe  ethnique qui a migré de la Galice en Bucovine et en Maramureș. Dans le département  de Suceava, “huțulii” vivent  dans les villages, près de la frontière avec l’Ukraine, respectivement Ulma (le village natale de Ioan  Vișniec), Breaza, Brodina, Izvoarele Sucevei, Moldova-Sulița, Moldovița, Vatra Moldoviței si Cîrlibaba.’’Huțanii’’ sont répandus aussi en Ukraine, plus exactement dans les régions de Transcarpathie et Pocutie.

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Officiellement, le nom de ’’huțul’’ apparaît  d’abord en 1817. D’après  l’avis des habitants de Brodina,’’huțulii’’ sont des Roumains qui parlent le russe. Kaluzniacki dit qu’on n’a pas tort si on soutient que leurs ancêtres étaient une population qui parlait le roumain, mais pourtant, le nom dérive  d’uzi (cumani). Nicolae Iorga montre que le nom dérive du mot ’’hut’’, nom péjoratif donné par la population de plaine (qui s’occupait de l’agriculture), à la population des montagnes, qui s’occupait avec le pastoralisme. De plus,’’huțanii’’ travaillaient comme ouvriers journaliers  sur les terres des monastères. Selon le professeur d’histoire à l’Université Stefan cel Mare de Suceava, Mihai Iacobescu affirme que le nom vient de la race de cheval avec le même nom.

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De plus, les intellectuels de cette population fournissent comme explication le mot ’’hutkatese’’, qui signifie ’’se balancer, sauter’’ en selle, en faisant la liaison entre  ’’huțul’’ l’homme et ’’huțul’’- le cheval. Nicolae Iorga  pense que ’’huțulii’’ sont des paysans roumains dénationalisés, alors que Mihai Eminescu affirme qu’ils sont des Daces.

Cependant, l’avis de nombreux linguistes et historiens est que ’’huțulii’’ sont d’origine slave, parlent un dialecte de la langue ukrainienne, mais dans leur langue on remarque les influences allemandes, polonaises et, dernièrement, celles roumaines: le capuchon, le collier de chien, le fromage, l’étalon. Les origines exactes de la communauté,  sont cependant controversées: daciques, slaves, cumanes, mongoles. Néanmoins, la définition donnée par le Dictionnaire  Explicatif de la langue roumaine est que un ’’huțul’’ représente une personne qui fait partie d’une population  slave de la région montagneuse de Izvoarele Sucevei et Ceremușului  et qui parle un dialecte ukrainien.

Certaines recherches anthropologiques ont montré que, dû à leur isolement géographique, ’’huțulii’’ ont maintenu la pureté  de leur race: la couleur noirâtre du visage  et les cheveux noirs dépassent 84% chez les hommes et 75% chez les femmes; la couleur des yeux correspond à  la couleur de la peau (les bruns, le plus souvent ont des yeux noirs ou bruns, les blonds- des yeux bleus. Les traits moraux qui les caractérisent  sont l’empathie, la persévérance, l’amour pour le travail, l’esprit de la famille, l’entêtement.

On a eu la chance d’avoir dans notre classe une collègue appartenant à cette ethnie qui nous a présenté avec amabilité, gentillesse et fierté quelques éléments de leur spiritualité.

La langue des huttes, sans alphabet écrit, est unique,  différente de la langue ukrainienne et du dialecte ruthène, avec des influences polonaises et des emprunts roumains. Quelques exemples des mots et expressions sont: hiver=zema; sœur=cecmpa; grand-père=gig; tante=mimka; mère=uaua; mercredi=cepega; frère=pam; Bonjour=Dodpuu paro. A leur prononciation, on remarque des similitudes entre la langue ukrainienne, russe et polonaise.

Leur  costume traditionnel se compose  des touloupes en cuir, le manteau paysan noir, ’’itari’’ rouges, des bottes ou des chaussures en cuir de porc, portés avec des chaussettes en laine, des blouses roumaines avec des perles cousues (spécifiques pour la commune Paltinu), un chapeau aux  rebords et la besace,’’tasca’’.

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De plus, les trois couleurs spécifiques, représentatives pour leurs costumes  sont le jaune, l’orange et le brun; et le hachereau est leur élément ethnique. Quant à  leur foi religieuse, ils sont orthodoxes, de rite ancien.  Leur musique est entrainante, dynamique,  les danses sont rapides, fascinantes et on remarque la communion étroite avec la nature, la forêt, les arbres, les animaux qui deviennent des personnages dans leurs histoires. Ils ont le don de la narration, ils sont créatifs et imaginatifs, ils aiment vivre par l’histoire, la musique et le travail qui est sacré, acharné.  Comment ne pourrait – on pas identifier ces traits si nobles dans la personne de Matei Visniec ?

La création artistique , l’activité littéraire, la passion et la force d’écrire de Matei Visniec  ont démontré  l’esprit d’un ’’hutan ’’ sérieux, dévoué et travailleur. Il affirme  que son être est structure entre deux réalités,  celle roumaine qui lui a donné des racines profondes et celle française, qui lui a donné  des ailes. Il vole sans cesse entre ces deux lieux qui lui sont à la fois également chers. Les traditions et les coutumes des ” hutuli” sont  diverses et très intéressantes. Un grand nombre d’entre eux sont présentés dans le documentaire ’’Les huttes de Bucovine’’ et ’’Les huttes-les Slaves du Nord de la Bucovine’’, réalisés par FILMEDOCUMENTARE.RO.

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L’ethnie des huttes continue d’organiser des diverses activités, tel LE FESTIVAL DES HUTTES, une célébration devenue tradition dans la commune Moldova-Sulita, où les beaux chevaux  suscitent l’admiration de la foule. Selon le site http://www.e-antropolog.ro, Le Festival des huttes est la seule occasion quand ce ’’peuple des montagnes’’ accepte d’afficher leurs valeurs, dans un rassemblement ouvert à tous. Cette activité se déroule en haute montagne, dans une région isolée, à Haras Lucina.  Leurs traditions sont préservées  et transmises de génération en génération dans les villages de Bucovine, les plus significatives sont  l’ornementation des œufs  de  Pâques et la décoration de l’arbre de Noël.

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              Le parcours géopolitique

 

Le parcours géopolitique de Matei Visniec est impressionnant. Il arrive à  Paris, la Ville Lumière, alors qu’il était âgé de 31 ans. Avant de partir à Paris, il a rencontré  le philosophe Mihai Șora, qui l’a félicité pour sa décision de s’installer dans la capitale française, ,  lui a donné également quelques conseils et une carte de la ville lumière . Sur son chemin à Paris, il découvre l’espace d’au-delà  du rideau de fer. Matei Vișniec a traversé l’Autriche ayant l’occasion de voir comment  le paysage changeait au fur et à  mesure qu’il s’éloignait de la Roumanie. La terre était autrement travaillée, les maisons étaient plus soignées et la technologie était déjà présente dans l’espace  de l’Europe  de l’Ouest.

Une fois arrivé à Paris, il a constaté qu’il connaissait en quelque sorte cet espace  du monde livresque. Il brûlait d’impatience de  s’installer dans un Café français, le savourer  dans un lieu devenu mythique dans son imaginaire. Il est allé voir à quoi ressemblait le  quartier Montparnasse et surtout ses célèbres cafés (La Rotonde, La Coupole, Les Deux Magots), autrement dit,  lieux fréquentés par Sartre, Simone de Beauvoir, Modigliani. Il avait l’impression que c’était un pays qu’il aimait depuis longtemps. Matei Vișiniec dit que Paris est habité par des fantômes tout comme  notre cerveau est peuplé de fantasmes culturels. Pourtant il arrive souvent que les gens arrivent  à Paris et ils en soient  déçus. Le quartier de Montparnasse  n’a plus d’artistes, il  est devenu seulement un touristique et le fantastique est ombragé d’une réalité tout à fait différente.

Le XII-ème arrondissement où il habitait,  avait son charme car il était encore un quartier populaire. Il habitait à dix minutes à  pied de la Seine, d’où il longeait la  rivière, en particulier vers la nouvelle Bibliothèque nationale, “François Mittérrand’’, ensemble architectural, surréaliste. Il se promenait souvent sur une petite colline,, La Butte aux Cailles’’ , espace  qui le faisait remonter loin dans son passé, ayant l’impression d’être sur  Dealul  Spirii , à Bucarest, avant la démolition de 1977 .

Dans le roman, “Syndrome de panique” dans la ville des lumières’’,   il avoue qu’il vit depuis presque 30 ans à Paris, qui est par  excellence l’une de ses fantasmes.  Il affirme que, quiconque vient à Paris pour la première fois, a déjà à l’esprit un plan de priorités émotionnelles. C’est de lui que nous apprenons que certains iront d’abord à la Tour Eiffel, d’autres à la Cathédrale de Notre-Dame, d’autres iront tout d’abord sur les traces des impressionnistes à Montmartre, et d’autres au Louvre. Il considère que tout le monde a en tête son  Paris,  peuplé de personnages littéraires et artistiques. On affirme qu’un amoureux de la littérature et des arts, quand il traverse Montparnasse, pense instinctivement à Sartre, Modigliani, voit presque tous les artistes comme des fantômes assis aux terrasses des cafés. Lui-même a  déambulé pendant des années et des années à travers  Paris,  obsédé par les fantômes de tous ces personnages, devenus mythologiques. La France deviendra pour lui  un pays mental, culturel, grâce à  sa littérature et  à  ses artistes. Son parcours culturel s’oriente autour de la magie du mot et des textes qu’il écrit  à cette époque, surtout des pièces de théâtre, jouées et traduites dans plus de 30 langues. Son écriture, son talent et sa créativité captivent les lecteurs et les spectateurs de différents coins du globe, étant traduits en bulgare, en hongrois, en ukrainien, en persan, arabe, japonais,  letton, islandais et turque.

Dans l’opinion de Matei Vișiniec, un bonheur à part est représenté par les voyages à travers le monde, sur les traces de ses pièces, dans  différents villes et pays. De cette façon, il a découvert beaucoup de régions et villes de France, où il  ne serait pas allé si on n’avait pas joué ses pièces sous forme de spectacles et de  lectures publiques. Matei Vișiniec soutient que c’est plus enrichissant de rencontrer à travers les voyages autour du monde  des acteurs, des metteurs en scène et des spectateurs de diverses nationalités que de voyager en tant que simple touriste, car le voyage doit inclure obligatoirement  une composante culturelle. Le français et l’anglais lui ont permis de communiquer partout dans le monde et de ressentir l’intensité de la communication. Le nom de Matei Visniec se lie étroitement à la participation à des festivals de théâtre, l’un des plus connus est celui d’Avignon qui date de 1947.

La grande fascination de la ville l’attire pas seulement par sa beauté, par le charme  de ses remparts et le palais médiéval des Papes, mais aussi par la présence des troupes d’acteurs, plus ou moins célèbres , qui débutent ou jouent sur la scène de l’Amphithéâtre antique.

Dans ce même contexte d’expérience culturelle ,  il avait  visité depuis 2006  sept fois le Japon, affirmant que ce pays  n’apparaissait pas dans la liste de ses d’urgences  culturelles et affectives. Il est arrivé là après une réunion théâtrale  avec le metteur en scène Yoshinari Asano et sa troupe, la compagnie Kaze de Tokyo. Cette troupe a commencé à s’intéresser à  son théâtre  après une réunion  de Chișinău. Dans sa vision, le Japon est un pays  qu’on aime, mais la relation  devient une passionnelle et  irréversible quand on commence à connaître les gens, lorsqu’on communique et on se lie d’amitié avec eux. Un touriste qui  va au Japon et  visite les temples et les musées un guide  à  la  main, va être fou de joie. Sa grande découverte au cours de sa visite au Japon consiste dans le charme mythique des villes Kyoto et Nara, anciennes capitales impériales. Les deux villes, très proches l’une de l’autre, forment ensemble un espace sacré où le grand nombre de temples bouddhistes et zen l’ont beaucoup impressionné. Tout en se promenant à travers les jardins japonais, il a appris à admirer et à apprécier les fleurs de cerisier et à comprendre leur connotation dans la culture japonaise. Lorsque Matei Vișniec a voyagé  en  Iran, à Téhéran, il a eu  l’impression d’un retour en Roumanie avant la chute du communisme. En Iran, il a découvert l’hospitalité des gens simples et ordinaires. Il avait observé que  les Iraniens sont curieux et ont le plaisir de parler aux étrangers.

En conclusion Matei Vișiniec  croit, qu’un Roumain à Paris, par ce qu’il y voit et ce qu’il y ressent, n’est jamais loin de la Roumanie. Ce n’est pas un hasard si quand il était arrivé en France, il se sentait  comme chez soi.

 

Professeure coordinatrice: 

Ciubotariu Mihaela

Auteurs/élèves:

 Vieriu Simona-Adriana

Tomiuc Ana-Maria

Julei Iuliana Denisa