L’engagement dans la vie de la communauté

L’univers  littéraire

 

Matei  Vișniec  affirmait que la Roumanie et la France l’avaient marqué comme deux amours. La Roumanie lui a donné des racines et la France des ailes. En Roumanie il a plusieurs souvenirs concernant son enfance, dont il pense l’avoir formé et marqué. Il est parti à Paris à l’âge de 31 ans, et dès le premier contact, il a été percuté par la beauté de la Ville des Lumières. Il a constaté d’ailleurs qu’il le connaissait déjà très bien du monde livresque. Le pont de liaison littéraire qu’il a construit entre la France et la Roumanie, le relie à deux mondes et deux cultures si différents, mais pourtant inséparables  pour lui. L’un des plus joués dramaturges de la Roumanie, témoigne que dans son être vivent des hommes complètement différents :  le journaliste pessimiste, qui est connecté toujours au monde extérieur  et l’écrivain optimiste qui est toujours à la recherche des solutions.

La cathédrale orthodoxe de Rădăuți

Une fois arrivé en France, il demande asile politique et il commence à écrire en français. Il devient premièrement journaliste dans la section BBC, puis à Radio  France Internationale. Aujourd’hui il continue d’y travailler pour des chaînes roumaines, il parle roumain, même s’il traite des sujets internationaux. En même temps il est resté un auteur roumain continuant de publier et d’être joué en Roumanie. Il a deux nationalités et il se définit matériellement et spirituellement dans un triangle équilatéral, forme des villes qui ont compté dans son existence: Rădăuți– le lieu de son enfance, Bucuresti – la ville dans laquelle il a vécu ses débuts littéraires et Paris-  la ville dans laquelle il a trouvé sa réalisation d’artiste. Après avoir reçu la nationalité française il  a édité autour de 30 pièces aux Editions : Actes Sud-Papiers, Le Harmattan, Lans man, Espace d’un Instant … son nom a figuré sur les affiches théâtrales dans plus de 30 pays.

Comme modalité de travail, il écrit sur des cahiers ou des feuilles qui étaient reécrites souvent , à la manière de Balzac . Il avait avoué que si n’avait pas écrit un jour, pour lui celui-ci aurait été un jour perdu. Dans tout son parcours culturel, Matei Visniec a suivi certaines modèles humains qui l’ont beaucoup marqué.

Matei Vișniec utilise dans ses œuvres les mécanismes du théâtre absurde, tout comme Ionescu et Beckett , mais dans son style littéraire .  Une autre personnalité très importante pour Matei Visniec, est Cehov – «  Cehov a été pour moi un autre élément fondateur «  , et il croit d’ailleurs que l’absurde commence avec Cehov.  Le philosophe Emil Cioran, personnage dans l’une de ses œuvres, s’identifie à une présence très proche de son âme. Il dit que Cioran a démoli toutes les utopies, tous les dogmes , toutes les idées préconçues et qu’il avait «  une forme de lucidité conduite à l’extrême «  . Matei Visniec considère également que les vrais modèles littéraires sont ceux qui valorisent l’art du mot.

Matei Vișniec a passé la plupart de sa vie d’adulte en France.  Arrivé  à Paris, il a eu la chance de rencontrer Virgil Tănase qui lui a traduit la pièce : «  Du Pain plein les poches «  en français. La collaboration avec George Banu a représenté une expérience qui l’a marqué dans l’activité de création littéraire et dans sa démarche émotionnelle, la redécouverte de la langue roumaine.

         

En 1996 il a écrit la pièce «  A propos du sexe féminin comme champ de bataille dans la guerre de Bosnie «   suite à la motivation de Mihai Făgădău qui tenait à cette époque un théâtre important à Paris . Après lui avoir exposé l’idée de la pièce , le viol comme une stratégie militaire dans les guerres interethniques . Mihai Făgădău lui a dit sans clignoter : «  Je  la monte dès que tu l’auras finie «  .

D’autres pièces importantes sont apparues d’une complexité artistique et culturelle. La création de la pièce   « L’homme dont le mal a été extrait «  en 2012 , lui a provoqué une torture , car , selon ses dires , il l’avait réécrite a plusieurs reprises.

Suite a une discussion avec le metteur en scène japonaise Sayaka Ehara , Matei Vișniec écrit un autre pièce «  Pourquoi Hécube ? «   , dans laquelle il aborde un sujet de la culture grecque . On est sur un personnage célèbre de la mythologie grecque pour parler d’une  «  constante de l’histoire de l’humanité : la guerre « .

Comme une réplique artistique, la pièce «  Le Cabaret Dada «   répond à la structure littéraire dont des germes étaient déjà présents dans son adolescence à Rădăuți. C’est la recréation d’un monde injuste, celui de début du XX-ème siècle, le dadaïsme politique plus que celui littéraire.

Ce qui impressionne vraiment chez Matei Vișniec c’est le mythe de travail acquis depuis petit dans sa maison et à côté des parents , Matei Vișniec a gagné le prix littéraire «  Augustin Frățilă «   pour «  Le marchand de premières phrases «  apparu à l’Edition Le Livre Roumain.

Ville ou les ethnies ont vécu en harmonie et tolérance, Rădăuți a ciselé le comportement, l’attitude de Vișniec. Il appartenait depuis longtemps, même avant le départ, aux deux cultures et langues : roumaine et française. Il ne nous a jamais quitté et comme une avant-garde il prévoyait l’élimination des frontières, par la création de l’Union Européenne.

Il avait une culture définie par la compétition, il était convaincu que s’il n’avait pas travaillé d’arrache –pied pour devenir le meilleur, il aurait vécu en vain. Il a appris des Français ce que signifie l’art de vivre , profiter de ce qui vous entoure , vivre en créant une atmosphère agréable  dans la famille , avec les amis et se nourrir à la culture que la France a gardée comme une trésor.

Paris lui a donné la joie de voir et le sentiment d’appartenir à un foyer culturel , mais il n’a jamais cessé de recréer sont petit univers roumain , que ce soit dans un petit jardin , dans un geste , une attitude.

Le journalisme

Selon l’affirmation du célèbre écrivain Honoré de Balzac: “Le journalisme est une énorme catapulte qui a été mise en mouvement. Il est tout à fait vrai que pour Matei Vișniec le journalisme a un pouvoir fantastique. Il croit que les personnes qui exercent cette profession ont une double responsabilité: vis-à-vis de l’acte artistique et des lecteurs. C’est la leçon que Matei Vișniec nous envoie tous les soirs à la radio depuis le début de sa carrière de journaliste à RFI, à Paris.

Au fil des ans, Matei  Vișniec a également été impliqué dans la globalisation excessive du XXI-ème siècle, où il découvre les influences réciproques du théâtre et du journalisme. En 2016, dans une interview donnée aux Conférences du Théâtre National Bucarest (TNB), il présentait le journalisme culturel à travers les déplacements. Avec son équipe, il participe à diverses assemblées de ses pièces, où il entre en contact avec des réalisateurs jeunes et expérimentés, ce qui le motive à apprendre les nouvelles exigences de la dramaturgie moderne,  contemporaine. Le pouvoir extraordinaire du journaliste culturel qui fait connaître par la voix de Matei Vișniec la culture roumaine à travers différentes formes de manifestations, comme la télévision et la radio.

A l’évolution de son activité journalistique ont contribué les radios qui ont diffusé illégalement dans la Roumanie communiste, Voice of America, Europe Libre ou Deutsche Welle, et puis ceux pour lesquels Matei Visniec a travaillé: BBC Londres et maintenant RFI. Chacune de ces stations de radio a eu une influence sur sa formation et, regarder ces émissions de radio a révélé un journalisme culturel de qualité. Sa première activité en tant que journaliste date d’août 1988 à octobre 1889, à la station de radio BBC, à la section roumaine de Londres.

L’univers britannique n’offrait pas assez de créativité dans le théâtre: «Je me sentais comme un« alien »quand j’écrivais un théâtre au Royaume-Uni. C’est peut-être pour cela que Samuel Bekett s’est senti exilé dans son propre pays et a décidé d’aller en France. Et j’ai senti que la France était ma patrie mentale. Là, il a toujours été l’avant-garde, et ce que j’écrivais n’était plus considéré comme venant d’un «étranger». Cette déclaration est soutenue par l’idée affirmée dans une interview, celle que le journaliste fournit des idées et du matériel au dramaturge: «Tout ce que j’utilise comme information quand je suis un journaliste se décompose, et c’est le dramaturge qui s’en inspire».

En tant que journaliste à la section roumaine de la BBC, il est en contact avec le théâtre anglo-saxon et écrit une pièce en anglais: «The Pit». En octobre, il a quitté  cette station de radio de Londres, pour commencer ses études de doctorat en France.

​Après la chute du communisme, l’activité de journaliste de Matei Vișniec s’est déroulée entre la France et la Roumanie, entre deux cultures et deux langues. Il envoyait à Bucarest l’actualité internationale et l’actualité culturelle en français.  Dans son oeuvre intitulée “Autobiographie dans le désordre”, dans son article ‘’Le journalisme comme source d’inspiration’’, il affirmait que les deux métiers sont nécessaires mais aussi fascinants, mais quand ils se rencontrent dans la même personne le récit narratif contredit la réalité.  Dans cette situation, le dramaturge reçoit une image diffamatoire de l’homme, présentée quotidiennement par un journaliste, et il commence à ne pas faire confiance à l’écrivain parce que tout ce qu’il imagine autour de l’homme est contredit par la réalité.  L’image de l’homme dans la littérature est présentée souvent comme héroïque, tandis que celle de l’approche journalistique est regressive.  Le journaliste de grande valeur, Matei Vișniec, avec une riche expérience à la BBC et maintenant à la RFI, présente une antithèse des deux professions – l’écrivain et le journaliste. Il a avoué qu’un homme simple, l’homme qui a trop de contradictions et d’ambiguïtés pour accepter un portrait définitif, joue un simple écrivain, et le journaliste bat l’homme politique qui manipule toutes ses informations. Un journaliste a l’obligation d’être objectif sans offenser et être critique sans déprimer, c’est pourquoi Matei Vișniec remarque que les nouvelles qu’il diffuse sont 90% tristes, surtout celles qui traitent de la misère humaine. Aujourd’hui, l’information brute coule dans le cerveau des gens à travers des dizaines de canaux. Ainsi, il pense que le journaliste doit donner une interprétation, donc l’information doit être déchiffrée.

La carrière de journaliste a été une source importante d’inspiration pour le dramaturge, de sorte qu’un premier thème inspiré par le journalisme est celui de la guerre. À l’heure actuelle, la guerre est l’incapacité du journaliste à faire quelque chose pour changer la situation dont il en est question. Un exemple pourrait être la pièce: «À propos du sexe féminin comme champ de bataille dans la guerre de Bosnie». Ainsi l’horreur et la frustration sont transposées en thèmes littéraires, juste pour apprendre à les surmonter et identifier les solutions à éviter.

Une autre source importante d’inspiration du journalisme est celle de la condition de l’être humain. Cela est dû à des mises à jour journalistiques qui lui fournissent des idées sur la façon dont l’être humain évolue.

Une émission à RFI, la synthèse du jour «40 Minutes», est réalisée en double exemplaire par les rédactions de Bucarest et de Paris, et présente un ensemble d’informations à jour. Enrichi par les contributions des correspondants de RFI Roumanie dans le pays et surtout à l’étranger, «40 Minutes»consacre une grande partie du contenu de l’actualité européenne et internationale.

Présenté par Matei Vișniec et Vasile Damian à Paris et par Anca Năstase à Bucarest, le spectacle a aussi d’importantes pages culturelles, que ce soit l’apparition d’un nouveau roman dans une librairie parisienne, la création d’un spectacle de danse, l’ouverture d’une exposition ou des questions politiques en Europe.  Cosmopolite, audacieux et complet, «40 Minutes» est le spectacle qui relie la Roumanie au monde.

​Le journaliste rapporte également un numéro à court terme intitulé «Dialogue avec Matei Visniec», où il exprime son point de vue sur les questions internationales dans la presse quotidienne.

Dans les programmes de RFI ” Dialogue avec Matei Visniec ”, il explique son point de vue et traite des thèmes d’actualité sur différents domaines, tels que la politique, la littérature, l’art et la société d’aujourd’hui. Une question politique récente est celle de la crise catalane. Il explique que cette crise est un moment déstabilisant pour l’Europe et l’Union européenne. Selon le journaliste, on ne peut en aucun cas dire que l’approche séparatiste catalane provoque une grande sympathie, dans une Europe déjà confrontée à d’autres problèmes: la négociation du Brexit, la crise économique, le terrorisme, l’immigration, l’émergence des zones de conflit et la formation des dictatures agressives aux frontières.

Dans le domaine artistique, il affirme qu’un festival de théâtre a toujours une stratégie généreuse pour stimuler la diversité du langage artistique et rechercher dans des directions, autres que celles dictées par l’industrie du divertissement. Matei Visniec mentionne ici que le festival de Cannes est «une fenêtre sur l’université pour les réalisateurs du monde entier».

À l’occasion de la journée de la langue roumaine, Matei Vișniec déclare qu’au cours des vingt dernières années, plus de trois millions de Roumains, partis travailler à l’étranger, ont pris le roumain comme un atout précieux.  Au cours de la modernisation de la Roumanie, le français est devenu la langue philosophique de l’époque, la langue qui a structuré mentalement nos pensées en français, ou a influencé à adopter un style de vie français. Panait Istrate, Eugen Ionescu et Emil Cioran sont quelques-unes des grandes personnalités roumaines qui ont adopté ce style de vie, en mentionnant que: “Il est important en ces jours que nous, les Roumains, nous rappelions combien nous devons à la langue française…’’

La visibilité de la Roumanie au salon du livre “Paris livres” est remarquée par Matei Visniec au cours des 10 dernières années. La Roumanie a la chance d’avoir l’Institut culturel roumain qui promeut des traducteurs amoureux de la culture roumaine et qui veut montrer la vraie valeur littéraire de la Roumanie dans le monde.  De plus, grâce à la littérature, nous pouvons “renaître”, parce que parfois une rencontre avec un écrivain ou un livre important, change votre vie. Dans la grande compétition culturelle, cependant, il y a le risque que les écrivains importants restent «invisibles». Il est faux de penser que la valeur est auto-imposée au niveau international, en particulier dans le domaine littéraire, sans le soutien d’un programme de traduction intelligent et sans le maintien d’un «lobby» littéraire à l’étranger.

 

 

​Thèmes et motifs dans ses œuvres

 

C’est un fait bien connu que par leur valeur, les  œuvres de Matei Vișniec sont devenues  au fil du temps classiques.  Beaucoup de ses pièces sont considérées comme bizarres, inclassables comme les textes des écrivains les plus non-conformistes, en particulier celles qui s’identifient à la littérature absurde, onirique ou surréaliste.  Selon les critiques littéraires,   pendant son adolescence, à 17 ans, son style d’écriture  pendulait  entre le surréalisme et le dadaïsme.
Matei Vișniec aborde des thèmes très différents et divers dans ses histoires, qui finissent soudainement ou restent inachevés, ce qui crée dans l’esprit du lecteur une sensation d’incertitude. Quand on lit Vișniec, on éprouve une multitude d’états, une confusion forte, une peur aigue, on vit  ensemble avec les personnages uniques et leurs  personnalités ambivalentes.
Un exemple qui pourrait soutenir l’unicité de son style peut être trouvé dans la pièce ”Les chevaux à la fenêtre” dans laquelle l’auteur décrit la déshumanisation des jeunes générations, qui détruisent parfois leur corps, leur personnalité, ce qui  déclenche des relations conflictuelles entre les personnes.
En plus, l’écrivain embrasse également le grotesque du désir ardent d’échapper à la réalité monotone de la vie quotidienne. L’action dans ses pièces se déroule généralement sur des plans abstraits, les personnages étant exposés à des épreuves et des situations hors de l’ordinaire. Par exemple, dans « Petit boulot pour vieux clown », la dernière pièce du dramaturge écrite en Roumanie, on présente trois vieux clowns qui se rencontrent devant une annonce d’emploi. Pour les trois clowns, le souvenir de la gloire passée transforme le monde entier en fièvre, dans un décor surréaliste.
Un autre sujet important traité par l’auteur est celui  de la chronologie, ou, du temps perdu. Dans la pièce  ” Le marchand de temps”, ce thème est le mieux illustré: l’action se déroule sur deux plans marqués scéniquement. Le personnage principal est détaché du monde monotone dans lequel il vit et se réfugie dans son propre univers où il vend son temps. Bien que ce ne soit pas une lecture très facile, cela permet de réfléchir sur la complexité du temps et de la vie.
Une grande partie de sa dramaturgie traite des thèmes historiques, comme la guerre , ”La femme comme un champ de bataille” ou le communisme, ”L’Histoire du communisme racontée aux malades mentaux” Vișniec aborde également des sujets sensibles tels que ceux religieux. Il parle des problèmes religieux dans la pièce ” Imagine que tu es le Bon Dieu”,  où notre attention est ciblée sur l’affichage public de la foi et des laïcs de l’État, mais aussi sur la relation de chaque individu avec la divinité.  Dans son autobiographie, il parle du concept de pratiquant et de croyant, réalités qui correspondent au XXI-ème siècle, loin  de la croyance pure et innocente qu’il a découverte et vécue avec les siens dans la Bucovine du siècle précèdent.
Quant à la vision du dramaturge sur le thème de l’amour, elle n’est pas conventionnelle. Matei Vișniec a réussi à surmonter l’esprit conservateur et rigide de la littérature dramatique française, imposant sa gravité et sa vision dans la dramaturgie, mais aussi dans la poésie. Par exemple, dans  “Lettres d’amour à une princesse chinoise: Et autres pièces courtes”, Visniec signe 7 courtes histoires autour de thèmes variés tels que la possession, le désir, la jalousie, la mort. Chacune des scènes présentées sont la plupart du temps des monologues déjantés. “Comment j’ai dressé un escargot sur tes seins”, la deuxième des nouvelles de Vișniec, est par exemple très surprenante. Ce n’est pas du théâtre populaire, mais une exploration intellectuelle, qui nous fait penser à Ionesco.
Ensuite, un autre thème commun est, bien sûr, le thème de la migration. Il est abordé dans les “Migraaaants”, un jeu semi-comique, semi-tragique à propos de la vie en exil. Sa carrière journalistique est l’un des facteurs qui le motivent à écrire cette pièce, s’inspirant de ce qui se passe dans l’Europe actuelle. La mise en scène composée d’une succession de tableaux indépendants, entraine le public au cœur du tsunami migratoire, parfois à l’intérieur du bateau, trop lourd, prêt à couler, transportant 114 migrants, parfois aux côtés des trafiquants d’êtres humains, ou dans les coulisses de l’Élysée où le Président et son conseiller rédigent un texte.
En plus, même si les œuvres du dramaturge sont sujetes à des thèmes sombres, il écrit aussi des  pièces de théâtre pour enfants. ”L’homme de neige qui voulait rencontrer le soleil” est une histoire sur l’amitié et la générosité, le donnant-donnant et aussi une leçon sur “ce que signifie la mort, sans que ce mot soit prononcé” (Matei Vișniec)
Un autre sujet important est celui des contradictions et de la dualité de l’être humain. Ce sujet est inépuisable pour l’auteur et se retrouve dans la plupart de ses pièces. L’un des thèmes les plus fréquemment abordés dans la dramaturgie de Vişniec est la décomposition de l’être humain, amené à l’aliénation, aux pairs, ou même à l’individu lui-même. Le thème atteint son apogée dans le volume du Théâtre décomposé (ou L’homme poubelle). Le miroir que le dramaturge construit est un moyen de transfiguration des univers, des choses, puisque la réalité n’est pas fidèlement rendue, mais elle est séparée en plusieurs fragments dont on peut toujours recomposer quelque chose d’autre. L’homme enfermé pour la vie dans un cercle, le laveur de cerveaux, l’homme poursuivi par un cheval, le coureur qui ne peut plus s’arrêter, l’illusionniste qui fait disparaître le monde… tous ces personnages se trouvent dans ce travail littéraire. La vision de Vișniec est une  dystopique, qui joue avec les concepts de la société. Dans ”Syndrome de panique dans la Ville lumière” le thème des fantasmes culturels préoccupe l’auteur.

Bien qu’il soit reconnu pour son style unique, le titre de ses œuvres est un autre facteur qui mène à son authenticité en tant que dramaturge. Pour lui, le titre doit être comme une perle rare. Extrêmement interprétables, les titres sont un mot ou un simple jeu d’imagination, étant représentatifs de celui qu’on appelle le “magicien des mots”. En plus, le mot semble avoir deux hémisphères pour Vișniec: celui en Roumanie, où il y a un registre slave, ancestral, et celui que l’on trouve en France, qui est moderne.
Matei Vișniec aime ce qu’il fait à la fois dans sa carrière d’écrivain et de journaliste, les deux domaines, tout comme la littérature et les nouvelles journalistiques se rencontrent quotidiennement dans sa vie. Il a non seulement révolutionné le monde du théâtre roumain, devenant le dramaturge roumain le plus joué au monde, mais il a même forcé à “rivaliser” avec Eugen Ionesco.
Ses pièces ont été jouées dans plus de 30 pays (y compris la Suède, le Canada, les États-Unis, le Japon, le Maroc, l’Iran et le Liban) et y sont traduites. Certaines ont été montées dans des théâtres importants tels que le Théâtre Rond-Point des Champs Elysées à Paris, Théâtre royal de Stockholm, Théâtre national d’Istanbul et beaucoup d’autres.
Il a été invité pour des interventions et des conférences sur la résistance culturelle et la littérature en tant qu’espace de liberté dans de nombreuses villes de France, mais aussi en Italie (Université de Padoue, Université de Bologne, Institut Culturel Français à Rome), États-Unis (Phoenix University of Arizona, Chicago “Jouer le français” Festival), Maroc (Centre culturel français de Tétouan), Iran (Université libre de Téhéran), Japon (Théâtre Kaze de Tokyo), République tchèque (Centre culturel roumain de Prague), Royaume-Uni (Festival de théâtre de Brighton), Allemagne Théâtre Hans Otto à Potsdam), Luxembourg (Fabriktheater).
Indubitablement cet Ambassadeur culturel impressionne par sa capacité exquise a relier les gens autour des cultures.
Le Festival d’Avignon est l’un des événements les plus importants du monde dédié aux arts de la scène. En 2015, la section OFF a atteint 50 ans d’existence. Environ un quart de siècle, les textes de Matei Visniec sont montés ici. L’écrivain a été nommé l’un des rois de la section OFF, dont beaucoup de pistes ont été très appréciées. Les directeurs et les acteurs parlent de  Matei Vişniec et de son extraordinaire succès. En collaboration avec Vişniec, les directeurs ont la liberté d’assembler leurs pièces, d’assumer la responsabilité esthétique et morale de l’écriture, ce qui nous témoigne sur sa manière de travailler.
D’autres représentations et participations à de grands festivals internationaux de théâtre: Biennale du théâtre de Bonn, Festival de théâtre d’Edimbourg, Festival de Téhéran FAJDR, Festival de théâtre de Sibiu, sont autant de preuves sur la complexité de cet auteur. En plus, Visniec est le président d’honneur du festival Gaudeamus« Les jours de Matei Vișniec à Suceava» est le festival de théâtre qui porte le nom de l’écrivain, un grand symbole culturel pour Bucovine.

Le théâtre et l’art du théâtre
Bien que Suceava n’apparaisse dans son parcours culturel que le chef-lieu du département, c’est ici que Visniec a voulu faire bâtir un théâtre.
Des débats enflammés, des interventions argumentés, des démarches administratives, on lui doit tout cet effort soutenu à Matei Vișniec. Après une tentative échouée, Suceava a « un poumon » grâce au dramaturge; il lui manque le deuxième, un orchestre philarmonique.
Les responsables locaux, la Mairie et le Maire de Suceava, le club Rotary, ont soutenu les efforts culturels et le cinéma du bourg d’autrefois est devenu le Théâtre « Matei Visniec ». L’établissement abrite aussi L’Ensemble folklorique « Ciprian Porumbescu », ce qui crée une vision spirituelle.
L’idée du créer ce festival il y a 5 ans, appartient à Carmen Steiciuc, à présent directeur du théâtre Matei Vișniec.
Les années passées, le festival connaît un formidable succès. On y réunit des troupes de théâtre connues et des spectateurs  de Botoșani,  Bistrița, Piatra Neamț,  Satu Mare, Rădăuți, fait qui a conduit à sa diffusion. Les pièces ont été déroulées dans des espaces hors lignes comme l’autobus, l’usine d’eau ou la synagogue.
Au festival se réunissent plusieurs personnalités comme Constantin Chiriac, George Bonu, Luca Niculescu et Matei Vișniec en personne.
Le théâtre de Suceava qui porte de nom de son initiateur, doit répondre a des critères de valeur, dont la qualité et le professionnalisme sont des points de repère. Dans ce contexte de la globalisation, on a tous l’obligation morale de venir vers la culture, l’art afin  de pouvoir nous éloigner du pragmatisme qui accable les gens .

Le groupe d’élèves de la 11-ème A du Collège National ” Petru Rareș ” Suceava a eu la chance de participer au projet bilingue et à l’épreuve anticipée du baccalauréat francophone en choisissant comme thème de travail Matei Vișniec – l’homme et son oeuvre .  On a ressenti un énorme sentiment de fierté locale à penser et à comprendre, au fur et à mesure que le travail avançait , que Matei Vișniec est des  nôtres . Ses parents qui nous ont ouvert chaleureusement la porte de leur maison , l’école et les traces de son passage à Rădăuți et pour accomplir notre enthousiasme , les Journées du Théâtre Matei Vișniec à Suceava et la rencontre avec l’auteur lui-même .

La remise des hautes distinctions de la part des officialités locales , la reconnaissance de son travail et de son talent , les discours et les interventions de Matei Vișniec qui fascinent par la profondeur de la pensée et de la spontanéité , ce sont autant de moments pour lesquels on est redevables .

Au nom de l’équipe de projet , on adresse nos remerciements à la famille Vișniec de Rădăuți , les parents de Matei , au Collège  Technique de Rădăuți , à sa direction et aux professeures de français , Madame Chelba Loredana et Scîntei Alina , à la Directrice du théâtre Matei Vișniec , Carmen Veronica  Steiciuc et à vous,

MATEI VIȘNIEC !

 

Professeure coordinatrice: 

Mocanu Luminița

Auteurs/élèves :

Galea Ana

Butucel Vlad-Gabriel

Vasilovici Ionela